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Les Ulins vivant sur
l’île de Thalos
ont évolué en vase clos. Depuis deux ou trois milliers
d’années,
ils sont isolés du reste du monde par une mer qui leur est
hostile.
Rares sont les Thalossiens qui quittent leur île, et
généralement,
c’est à contre-coeur qu’ils le font. Cette situation
fait en
sorte que leurs traditions, leurs mentalités, leur vision des
choses, sont compl`tements différents de ce qu’on retrouve
chez
les peuples dits continentaux.
La géographie
D’abord, il faut
savoir que l’île
de Thalos compte quatre grandes régions distinctes. Bien
qu’il
soit facile de distinguer les Thalossines en fonction de leur
apparence et de leur accent, ils ont tous des traditions similaires.
Au sud, il y a Tir-na-Peloh,
consitutée
principalement d’une longue chaîne de montagnes. Les
habitations
sont creusées à même la pierre des montagnes. Les
Ulins qui y
vivent revêtent généralement un pelage plus
tigré ou taché. Leur
accent est difficile à décrire, qui plus-est, ce sont les
moins
bavares des Ulins. Leur queue est plus musclée que celle des
autres
Ulins, et leurs griffes sont moins affilées, mais plus solides,
car
ils s’en servent pour s’aggripper à la pierre
lorsqu’ils
chassent.
À l’ouest, il y
a Tir-na-Coil, soit
une énorme forêt. On dit par là que les arbres,
immenses, sont
millénaires. Les habitants ont construit leurs habitations dans
ces
arbres, parfois en hauteur, parfois à même le tronc ou
entre les
racines des arbres. Les Ulins qui y vivent revêtent
généralement
un pelage qui rappelle les chats de compagnie : gris, blanc, noir,
roux ou un amalgame de noir, de blanc et de brun. Ils ont tendance
à
rouleur les R et à sur-prononcer les H.
À l’est,
Tir-na-Harh, où il y a des
champs à perte de vue. Les habitants vivent dans des huttes
creusées
dans le sol, seuls les toits de terrecuite et de paille sortent de la
terre. Les Ulins qui proviennent de cette région ressemblent
généralement plus à des lions, ou à des
panthères beiges ou
noires. Ils ont tendance à “chochoter”. Ce sont les
coureurs les
plus rapides et les plus endurants de Thalos.
Et au nord, il y a une toute
petite
région appelée Prowrh, soit la région de la
capitale. Les Ulins
qui y vivent sont plus exposés au commerce, car l’unique
port s’y
trouve. Il n’y a pas de physique typique de cet endroit, car
personne ne provient réellement de là. De plus, les Ulins
qui y
vivent depuis qu’ils sont enfants n’ont pas d’accent
particulier. La ville d’Azur, la capitale, est constituée
d’immenses constructions, principalement des temples et des
palais,
aux toits en dômes. Les habitants ne vivent
généralement pas dans
l’enceinte de la ville, ils préfèrent la
périphérie. Exception
faite des nobles, qui vivent dans des palais, des étrangers, qui
vivent dans certains quartiers résidentiels, des diplomates, qui
vient dans d’autres quartiers aménagés pour eux en
fonction de
leur provenance, et de certains commerçants.
La mentalité
générale
Le peuple ulin est un peuple
très
fier. L’instinct du chasseur est très fort chez tous les
Thalossiens, même chez ceux qui ne sont pas disciples
d’Humius
(qui reste la religion dominante). Leur vocabulaire, leurs
traditions, leurs habitudes, leur vision des choses, sont
principalement dérivés de cet instinct de chasseur qui
est si
présent chez eux.
Les Thalossiens sont
organisés en
groupes communautaires, ou “communes”, où tous les
membres font
preuve d’une loyauté sans limite – la confiance et
la solidarité
règnent entre les membres d’une même commune.
Toutefois, les
étrangers ne reçoivent pas aisément cette
confiance – pour qu’un
Thalossien vous apprécie, il faut d’abord que vous
méritiez sa
confiance, ce qui n’est pas chose facile. C’est
principalement
pour cette raison que les Ulins semblent si hautains et distants
devant des étrangers.
L’esprit de commune va
encore plus
loin que la simple loyauté. Les Ulins n’ont pas le sens de
la
propriété comme nous, continentaux, l’entendons.
Leur langue ne
comprend aucun possessif pour les êtres vivants. On dira
“ma
proie” ou “mon sac”, mais jamais “ma
mère” ou “mon ami”.
On dira plutôt le nom de la personne, ou encore “la
mère avec
moi” ou “l’ami avec moi”. La grande
majorité des ulins sont
polygammes, leurs partenaires sont appelés
“concubins”, et les
relations ne sont jamais considérées exclusives.
Même si certains
Ulins préfèrent rester toute leur vie avec le même
concubin, ce
n’est pas le cas de la majorité. Le mariage est un concept
qui
leur est inconnu – bien que certaines cérémonies
permettent
d’unir certains membres importants de deux communautés
différentes. La paternité des enfants n’est pas
toujours
évidente, mais les Thalossiens ne se préoccupent pas de
ce genre de
détails : les enfants de la communauté sont
élevés par la
communauté, et non exclusivement par leurs partents directs.
Traditionnellement, lorsque
les enfants
atteignent l’âge de la chasse, soit environ quatre ans, ils
sont
pris en charge par un maître-chasseur qui leur enseigne les
valeurs
et les traditions de leur peuple. L’enfant reçoit ensuite
son nom
complet, formé de son prénom (donné à la
naissance), le nom de
son maître-chasseur, ou mentor, et le nom de sa
communauté. Il doit
ensuite changer de mentor pour apprendre un métier, ou encore
rester
avec le même pour se perfectionner dans la chasse et dans les
traditions thalossiennes, et devenir à son tour
maître-chasseur.
Bien que les Thalossiens se
soient
parfaitement adaptés à leur environnement, soit en se
fondant dans
leur décor, il n’en demeure pas moins que leur
société est très
évoluée. Ils chassent tous, mais les chasseurs sont
également des
magiciens, des artistes, des guerriers, des prêtres, des
enseignants, des forgerons, etc. Il ne faut pas croire que parce
qu’on vit dans une hutte, qu’on est inculte. Au contraire.
Les
Ulins sont des être rafinés qui n’acceptent pas
n’importe
quelle nourriture, par exemple. Rares sont les Ulins qui prennent
tout au premier degré.
Traditions
La chasse
La tradition la plus
importante des
Thalossiens est la chasse. Avec les années, l’instinct du
chasseur
n’est plus celui qu’il était à l’aube
de cette race, mais les
traditions de ces êtres maintiennent en vie les
éléments
principaux de cet instinct.
D’abord, les
Thalossiens chassent
sans arme (surtout sans projectiles), car pour eux, la proie doit
pouvoir se défendre, sinon, le chasseur n’a aucun honneur
à
chasser et ne montre aucun respect envers sa proie. Ensuite, ils ne
mangent jamais les abbats. Ceux qui prient Humius les offrent à
leur
Dieu, les autres les enterrent avec les os en signe de respect pour
la proie.
Chaque année, les
Thalossiens
effectuent des cérémonies en mémoire des chasseurs
tués par leur
proie et des proies qui sont devenues légendaires. Les
cérémonies
sont clôturées par un festin qui dure une semaine.
La
pêche
Les Thalossiens voient la
pêche comme
une autre forme de chasse. Ils peuvent rester immobiles sur le bord
de l’eau pendant des heures en attendant le bon moment pour
embrocher un poisson sur leurs griffes. Tout bon Thalossien apprend
à
pêcher dès qu’il a attrappé sa
première proie terrestre.
La mort
Les Thalossiens voient la
mort comme la
liberté suprême, mais comme la fin de la chasse et comme
l’abandon
de leur communauté. On dispose des corps des défunts de
différentes
manières selon la région où on se trouve :
certains incinèrent le
corps et dispersent les cendres aux vents, pour simboliser la
liberté, alors que d’autres enterrent le corps entier dans
une
hutte de la commune pour indiquer que le défunt n’est pas
oublié
des vivants. Comme sur le continent, les rites diffèrent
grandement
d’un endroit à l’autre.
Le
catféar
Les Ulins de partout dans le
monde sont
très friands d’une herbe appelée catféar.
Sur Thalos, cette
herbe possède une signification qui transcende le simple
plaisir.
D’abord, il en coûte à l’Ulin de partager son
catféar, ce qui
fait que si un Ulin vous en offre, il vous offre du même coup sa
confiance. On ne demande pas du catféar – mais si on vous
en
offre, sachez qu’on vient de vous prouver qu’on a
entièrement
confiance en vous, et qu’on vous sera loyal.
Mention particulière
: si la personne
qui vous offre le catféar est de sexe opposé, il peut
s’agir
d’une avance, comme il peut s’agir simplement d’une
marque de
confiance. Pour le savoir, approchez votre pouce de son front (ne
vous en faites pas, il ou elle s’y attend). Si cette personne
détourne la tête, il s’agit d’une simple
marque de confiance,
alors que si elle vous laisse toucher son front, il s’agit
d’une
avance. Vous êtres libre d’y répondre ou non.
La
courtisannerie
Le flirt chez les
Thalossiens est un
rituel en soi. Évidemment, il y a le catféar, mais ce
n’est pas
le moyen privilégié pour courtiser, puisque l’offre
de catféar
comporte une dimension de confiance qui est souvent
démesurée par
rapport à la simple envie d’intimité avec une
personne du sexe
opposé.
D’abord, la
Thalossienne ne regardera
pas les hommes qui lui plaient dans les yeux. Elle fuira
instinctivement leur regard, comme une proie qui tente de se
dérober
de son prédateur – tout ça dans le but
d’éveiller l’instinct
du chasseur. Elle donne ainsi la permission au Thalossien de la
courtiser. Pour sa part, le Thalossien ira capturer son regard en lui
prenant le menton, comme pour la forcer à le regarder dans les
yeux.
Si elle sourit, puis frotte sa joue sur la main qui lui a levé
le
menton, c’est qu’elle répond à
l’avance. Si elle s’éloigne,
c’est qu’elle a changé d’avis, ou simplement
qu’elle n’est
pas vraiment intéressée. Les unions n’étant
généralement pas
exclusives, le temps de courtisannerie est normalement bref.
La justice
Pour un Thalossien, le pire
des crimes
n’est pas le meurtre, mais bien le bris de confiance, ou la
contrainte. Un Thalossien qui trahit les siens ne pourra que
très
difficilement obtenir un pardon. Le crime suprême, c’est
celui de
prendre intentionnellement la queue d’un autre Ulin – car
certains d’entre-eux paralysent lorsqu’on leur tient la
queue, ce
qui signifie qu’ils perdent la totalité de leur
liberté.
Le pire des châtiments
n’est pas la
mort (qui est synonyme de liberté), mais l’exil, ou la
perte de sa
communauté. Les Thalossiens qui désirent qu’on leur
pardonne une
offense doivent se soumettre à un rituel d’humiliation,
appelé
amende d’honneur,
Fait intéressant, lorsqu’un
Thalossien subit un affront, sa réaction est automatiquement de
tourner le dos à la personne qui l’a insulté. Il ne
lui adressera
jamais plus la parole. Si l’insolent désire à
nouveau communiquer
avec l’insulté (ou avec la communauté
complète), il doit passer
par une tierce partie, un médiateur (appelé méan),
qui sera chargé
de s’enquérir auprès de l’insulté du
rituel d’humiliation
par lequel il faudra passer pour rétablir la communication,
s’il y
a lieu.
Bref historique
-3182: Une secte secrète de
Gens-rats fait appel à
la déesse Gabrielle pour les libérer de leur esclavage et
punir leurs maîtres. Quelques mois plus tard, une
prophétie, confirmée par plusieurs oracles, annonce la
mort prochaine de tous les Gens-chats du continent. Nombre
d’entre eux, sous la gouverne d’un chef de tribu
charismatique appelé Thalos, émigrent en masse vers
l’île qui fut baptisé du même nom pour
échapper à leur sort. Ils amènent avec eux
plusieurs esclaves Gens-rats.
-3179 :
Trois ans jour pour jour après l’annonce de la
prophétie, une épidémie de la maladie de la
paralysie décime la population de Gens-chats et de Gens-rats sur
le continent. Le fait que la maladie ait aussi touché les
Ratakats n’avait pas été prévu par ceux-ci.
Il ne reste que quelques individus des deux espèces, pas assez
nombreux pour faire renaître les deux races. Par contre, ceux de
l’île de Thalos ne sont pas touchés. À peine
acquièrent-ils une paralysie induite lorsqu’on leur tire
la queue.
-3150 (approx.) :
Les Gens-chats, avec les Gens-rats comme esclaves,
développèrent à
partir de presque rien (et sans contact avec le continent) leur
première société organisée sur
l’île de Thalos.
-1122 :
Des Gens-rats esclaves se révoltèrent contre les
Gens-chats et émigrèrent en masse de Thalos vers Rhodos.
-1122 à maintenant :
Plusieurs petites guerres (environ une par 25-50 ans) entre les
Gens-chats et les Gens-rats.
648 :
Une expédition Renoiso-Savoisienne découvre
l’île de Thalos, puis l’île de Rhodos. Premiers
contacts avec les Gens-chats et les Gens-rats depuis le premier
âge.
864
: Thalos participe au nouveau Symposium organisé par la
Renoisie pour remplacer celui organisé par la Mandralique et qui
fut un échec. Il se tient à Gloria dans le palai
impérial où doivent se tenir des discussions sur la
valeur de la monnaie, l'esclavage, la création d'ambassades, les
critères d'admission au Symposium, les avantages que procurent
le Symposium et sur le système de prise de décision.
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